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Jehst – The Dragon of an Ordinary Family

Le 3e album du rapper britannique Jehst est sorti en juin dernier sur sa propre étiquette YNR. Si vous ne l’avez pas noté la sortie de cet album, ne vous en faites pas, moi non plus. Mais grâce à la revue des meilleures pièces de l’année 2011 de DJ Lexis, j’ai découvert un monde avec la pièce England (d’ailleurs ceci me fait penser que les revues de l’année 2011 de Ghetto Érudit sont encore sur le blogue [ici et ici] et peuvent aussi permettre de découvrir des trucs).

Avec la provenance de l’artiste, on peut s’attendre que cette musique soit un peu grime. Un peu plus rapide. Un peu plus electro comme rap. Ce n’est pas le cas. Il faut savoir que Jehst est issue du monde graffiti et de la culture hiphop indépendante et non de la scène de club plus électronique ou même rave comme plusieurs de ses compatriotes que nous connaissons comme Dizzie Rascal ou The Streets. Du rap très près musicalement d’une certaine scène indépendante américaine ou de la « nouvelle » scène rap français axé sur le respect de l’âge d’or du rap américain du début des années 90.

Ce qui rend ce disque si intéressant, c’est l’équilibre entre ce respect pour une certaine tradition d’un côté, et représentation véridique (on l’imagine) de son coin. Il ne faut donc pas être surpris d’entendre le MC rapper avec un gros accent du Sussex sur des beats boom-bap. La pièce England est musicalement un hommage au classique Shoot Ones pt.II de Mobb Deep. Ce n’est pas une raison pour Jehst d’imiter les habitants de Queensbridge en changeant son accent et en parlant de cette rue. Dans un sens, parler de a vie en Angleterre, son pays, est beaucoup plus un hommage à la vérité de ce classique de Mobb Deep.

Cedi dit, l’album n’est pas tout noir comme England. Des pièces comme Killer Instinct ou Zombies ne sont pas aussi lourdes. Cette dernière parle absurdement de films de série B. L’atmosphère générale de l’album fait plutôt penser à l’album d’un cousin vivant dans un autre pays d’un des membres d’A Tribe Called Quest. D’ailleurs dans le refrain de la pièce The Illest fait référence à ATCQ et Public Enemy directement : « Can they Kick it? – No they can’t. – Hear the drum get wicked. – No they can’t. – Can a man really spit it? – No they can’t. – They ain’t fucking with me. – ’cause I’m the illest »

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