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Les Erudits du Ghetto: Monk.E

Exclusivement pour son site Internet, l’équipe de Ghetto Érudit lance une nouvelle chronique mettant de l’avant ceux et celles que nous considérons comme des Érudits du Ghetto. Le premier entretien que nous vous présentons est avec David Epharyim Yisrael, mieux connu sous le pseudonyme de Monk.e. Alors que le Québec vit son printemps érable, l’une des figures emblématiques du paysage hip-hop nous parle de sa résurrection artistique et des nombreux projets qui s’en viennent en 2012.

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ANZOO – Avant la sortie du projet InCUBAtion (2011) et de Mektoub Revisité (2012), j’ai eu l’impression que Monk.e était dans une traversée du désert et cherchait à se faire discret. Cependant, lors du récent événement « Battle of the Nerds », je t’ai vu faire un freestyle de près de 10 minutes complètement mong. Assistons-nous au retour de Monk.e ?

 

Monk.e – Depuis environ 8 mois,  j’ai décidé de redevenir public. À travers les réseaux sociaux, j’ai mis de l’avant plusieurs photographies de mes peintures réalisées au cours des dernières années. Comme je ne faisais plus vraiment de shows ni d’albums, spontanément je me suis mis à pratiquer mes skills en improvisation. Je me suis fortement investi dans les soirées des Cercles du Knowledge-Hop (rassemblement social ralliant peintres, danseurs, poètes et beat-makers). Ça été une façon pour moi de présenter les meilleures facettes de ce que je fais aux bons endroits. De fil en aiguille, invité à différentes soirées de ce type, l’improvisation est devenue une forme de gagne-pain. En fait, cet été je compte notamment faire une tournée dans laquelle je ferais du freestyle avec un Dj, un beatboxer, et les musiciens de Kalmunity. La vie c’est un freestyle !

 

ANZOO-Depuis Entre Mektoub et Autodestruction (2008), ton odyssée spirituelle semble avoir confus certains fans du graffiteur/rappeur du Remédium (2005). Avec cette décision de redevenir publique, y’avait-t-il également un désir de modérer ton discours ?

 

Monk.e – Tout comme ma peinture, ma musique a un discours qui évolue. Dans les dernières années, mes peintures et mes textes ont illustré le positif, la rédemption et le renouveau. Il y a également un besoin d’humilité et de nostalgie qui explique actuellement ma démarche. Récemment, j’ai été stimulé par l’énergie raw dégagée par la musique des jeunes beat-makers du groupe Alaiz. En fait, j’ai enregistré avec Alaiz un morceau plus sombre intitulé « Crazy ». C’est un peu comme Yassin Bey aka Mos Def dans sa chanson « Beef ». Suite aux nombreux commentaires sur ma spiritualité, j’ai voulu expliquer qu’est-ce que c’est d’être réellement fou. Dans la peinture et dans la musique, j’ai longtemps voulu mettre l’accent sur « l’extrême-positif ». Aujourd’hui, je dirais que c’est surtout la manière de l’exprimer qui a changé.

 

ANZOO-Je sais que tu as beaucoup de matériel enregistré qui sort sporadiquement. Tu viens de mentionner ta collaboration avec Alaiz, quels sont les nouveaux projets pour Monk.e?

 

Monk.e – Dans les morceaux récemment enregistrés, il y a notamment des productions d’Alaiz ainsi que de Smilé (shroombap mc/producer du K6A ?!?).  Il y aura un EP avec Alaiz et un album entièrement produit par Smilé qui sortiront en 2012. J’ai également plusieurs productions réalisées au cours des dernières années par KenLo et SevDee.

 

ANZOO- À ce sujet qu’est-ce qui se passe avec l’album avec KenLo?

 

Monk.e – L’album Le Destin et Beyond devrait éventuellement sortir en 2012. Il contient 16 chansons entièrement produites par KenLo qui rap aussi sur deux morceaux. Les beats seront majoritairement de type craquenuque, avec un peu de piu piu. Par ailleurs, j’ai également le projet Esclavage, Exode et Renaissance, produit par Sev Dee (K6A). Celui-ci est la suite de Entre Mektoub et Autodestruction.

 

ANZOO- Très hâte d’écouter ces projets. Pour conclure, en 10 ans d’existence le K6A a vu plusieurs de ses membres connaître du succès en solo ou en groupe dans différentes sphères. Actuellement, nous le voyons notamment avec Watson en solo ainsi qu’au sein d’Alaclair Ensemble, Fili et le phénomène des Word Up Battles et tout récemment Jam & PDox. Que penses-tu de cela et quels seraient les trois meilleurs moments du collectif K6A dans les 10 dernières années?

 

Monk.e – Avec K6A, je dirais que la première chose qui me vient en tête c’est lorsque nous avons fait la première partie de KRS-ONE à Montréal en 2008. Évidemment le clip « Protège Ta Nuque » en hommage au Wu Tang Clan représente quelque chose de spécial pour nous. Enfin, tous les graffitis que nous avons réalisé à Montréal (Serak, Saer, Axe, Fluke, Kemo, File, Oser, Yussa et Osti) ont une signification particulière. Évidemment, je suis très heureux du succès de tous ceux que tu as nommé. Faut que les gens sachent qu’Alaclair, Movezerbe, K6A c’est des liens qui remontent loin dans le temps, tout comme mes liens avec Amerythmes, Heavy Sounds, Neto Youth et Homeless Royalty. Alaclair et K6A, c’est la famille. Je te dirais que c’est le même public qui ne m’a pas découvert encore!

 

 

En attendant la matérialisation de la pléthore de projets sur lesquels travaille Monk.e, nous vous encourageons à le redécouvrir musicalement à travers le récent projet Mektoub Revisité ou en consultant ses peintures sur Internet.

 

 

 

 

 

 

 

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