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Soké – Cellules

Après nous avoir offert l’année dernière un avant-goût avec son Soundsystem street album, le raggaman roux offre finalement son premier album officiel, Cellules, sous l’étiquette Silence d’Or. Soké a débuté l’année en force avec de nombreux concerts dont avec la tournée HHQC ainsi qu’une participation aux Francouvertes. Malgré les résultats sévères à son égard, il s’était tout de même fort bien démarqué lors de cette soirée.

Avant d’aborder Cellules, je voudrais rectifier mon point de vue par rapport à la soirée hip-hop des Francouvertes. Il semble que mes propos écrit lors de mon billet sur cette soirée ait pu choqué être mal interprété par certaines personnes. D’abord, je réaffirme que Soké aurait du remporter (du moins) les meilleurs résultats de la soirée. La préparation avec son live band faisait clairement preuve de professionnalisme et le set était clairement mieux peaufiné que les autres. En conclusion de mon billet, j’avais tenté d’élucider qu’est-ce qui pouvait expliquer de tel résultat. Ainsi, en mentionnant que Soké était peut-être un peu cheezy et que sa formule était un peu trop axé vers des rotations populaires, je me mettais dans la peau des juges de cette soirée qui, pour la plupart, sont responsables de médias qui prone le DIY et  la contre-culture musicale (voir les CISM, CIBL, BandeAPart, etc.) Après avoir discuté avec plusieurs d’entre eux, c’est un peu ce qui est ressortie comme argument, ça sonne trop “commercial”!

Il est important de faire ici la nuance entre “commercial” et “professionnel” et de mettre en évidence les faits actuels. Actuellement, il y a un énorme clivage au Québec qui sépare, d’un coté, les médias communautaires/émergeants aux médias populaires de masse. Cet énormé fossé entre les deux fait en sorte que moindrement qu’un produit est qualifié comme trop commercial, il sera boudé par les autres. C’est un problème qui fait en sorte que plusieurs artistes n’ont souvent pas la reconnaissance qu’ils devraient avoir. Fin de la parenthèse.

***

Le reggae est clairement à l’honneur sur l’album Cellules, où presque toutes les pièces en sont inspirées. Il faut donné crédit à Soké puisqu’il fait preuve d’énormément de polyvalence en signant lui-même la majorité des productions de l’album. Seuls les deux beatmakers préférés de la vieille capitale, Mash & Claude Bégin, viennent prêter leur savoir-faire derrière les consoles. Du coté des collaborations sur le micro, on retrouve les chanteuses Jodie Resther et Eva Avila, Paranoize sur le premier single Cellules, les reggaeman King Shadrock et Neto Yuth et les rappeurs Karma Atchykah, Jaz & Eman.

Quelques pièces se distinguent du lot. D’abord, Même si dicte très bien le ton générale de l’album. Un morceau reggae revendicateur qui s’écoute très bien. Ensuite la pièce éponyme est très bonne bien qu’un peu contrastante au reste de l’album. Personnellement, je l’aurai choisi comme 2eme ou 3eme single, après des morceaux plus énergétiques qu’on retrouve sur l’album.

Deux morceaux ont été réutilisé pour l’album, soit l’excellente Multicolore ainsi que Jette ton arme, qui a été redessiné sur un instrumental beaucoup mieux travaillé et plus puissant! Par contre, les pièce Jubee et Loosen yuh Belt me laissent un peu indifférent, par le lingo jamaicain que je ne comprends pas. Je serais curieux de savoir si un jamaïcain comprend ce qui se dit…Finalement, c’est la dernière pièce Ride of Ya life qui m’intrigue le plus, fusionnant l’électro, dub-step et le reggae avec énormément de facilité et ça nous laisse clairement sur notre soif d’entendre davantage de morceau comme celui-ci (voir l’interlude moi j’chu down sur le Soundsystem).

Au final, c’est un album  estival qui s’écoute très bien du début jusqu’à la fin, rappelant le beau temps, la chaleur et les femmes. Il faut définitivement être fan de reggae pour apprécier l’album et dépendamment pour qui, ça peut un gros plus ou encore dissuasif à l’écoute. Pour ma part, j’apprécie seulement j’aurais préféré davantage de diversité, un peu comme sur le Soundsystem. Un des points forts de Soké est sa facilité à mélanger les genres musicaux et je crois qu’il doit capitaliser sur cela, principalement les tracks fusionnant reggae-rap-dubstep-electro. Les courants changent rapidement et la porte est grande ouverte pour que Soké démontre ses skills skrillexsques avant-gardistes.

3.8/5

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