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Les Ducs du Hasard – Égal ou supérieur à

Si Yves Mondoux, ancien animateur de l’émission de télévision « Complètement marteau », décidait d’engloutir un 1,18 Litre de Colt 45 et de prendre immédiatement le volant de sa Pontiac Trans Am en direction des Francofolies, ça serait probablement pour voir les Ducs du Hasard en spectacle.

Sans analyser tous les projets post-Atach Tatuq, je dois admettre que le titre du récent EP des Ducs du Hasard qualifie adéquatement le travail de R.U. et d’Arnak depuis quelques années. Déjà en 2006, la chimie entre les deux comparses était palpable dans le vidéoclip du track « Chips ». Dans ce vidéo, on peut même y tracer la généalogie conceptuelle de leur présent délire « Shérif, fais-moi peur ». En 2008, faut pas se mentir, les meilleures tracks de Payz Play étaient celles avec Arnak en featuring, voir « Plateau Beach » et « 430-Corpo ».

Au cours de l’année 2009-2010, le morceau « Y’en Aura pas de Facile » donnait un aperçu du potentiel de ce tandem, malgré un crime de lèse-majesté (get it ?). Mais sur ce EP de 8 morceaux, dont un skit philosophico-brassicole, on pousse le concept et la psychologie des personnages un peu plus loin. Cette fois-ci R.U. et Arnak incarnent deux mâles blancs projetant leurs virilités et habiletés manuelles sur des beats « sua coche el gros» ! En fait, la touche dubstep contraste parfaitement avec les « rap plus québ que Gerry Boulet ». Hormis la présence d’un Français, l’intéressant Grems, les autres invités sont les suspects habituels de l’entourage des Ducs du hasard : Toutankarton aka Egypto, Maybe Watson aka Olivier Guénette et MGM le grand ! La structure rythmique des morceaux est donc propice à l’expérimentation pour tous ces messieurs. Toutefois, le style peut également nécessiter plusieurs écoutes afin d’en apprécier tant le contenu que le contenant.

Ce EP oscille donc entre une expérience musicale et un délire cohérent truffé de citations assez mong. Parmi mes pièces favorites : la vigoureuse « StereostéRone », l’orgueilleuse « Chauvins » et la symétrique « Carré ». Bref, la locution latine Ceteris paribus, mieux connue sous sa version française « toutes choses étant égales par ailleurs », n’aura jamais sonné aussi fallacieuse pour décrire les changements musicaux auprès des membres du défunt collectif Atach Tatuq. R.U et Arnak se distinguent nettement de leurs anciens compatriotes; le ministère des Trans Am sport du Québec va être content!

4/5

Comments
One Response to “Les Ducs du Hasard – Égal ou supérieur à”
  1. Belle critique imagée, les comparaisons sont ludiques, à l’image de cet album excellent qui a été je crois, composé par pur amour de la musique et de l’expérimentation. Vive le rap dubstep!