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Beatbaking avec SevDee

En plus d’être un des 22 racoons du K6A, SevDee (ou 7D) est le cofondateur des soirées Artbeat Montréal qui ont fait éclore le mouvement Piu Piu. Avec d’autres membres du K6A (Smilé et Jam), il fait partie de l’équipe du studio Quai #6 en plus d’animer depuis des années à CISM. Beaucoup de choses à dire donc!

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SevDee2Max— Directement dans le vif du sujet! Comment as-tu été commencé la musique puis le beatmaking?

SevDee— J’ai acheté mes premiers vinyls de rap en 1995. C’est débattable de dire que c’est à ce moment précis que je suis devenu DJ, mais ça ressemble pas mal à ça. C’était fou. Tu devais connaitre les right spots pour tout. Qui recevait les 12 » avant tout le monde, qui vendait The Source en premier, où tu pouvais trouver du vrai Wu-Wear avant tout le monde (PAS celui à Aziz au metro Peel). Le people me faisait confiance avec leurs piasses pour que j’leur achète de la musique. J’ai suivi quelques cours de musique obligatoires au primaire et secondaires, mais j’étais en sport-études. Pis là, tu viens de me faire rappeler que j’ai déjà pris des cours de xylophone quand j’étais petit.
Premier beat en ’98, je me souviens très bien du titre… « beat 1 ». Gros knowl. La beat-fesure a simplement été une extension du DJing. DJ Premier made me do it, JDilla kept me going.

Max— Tes productions sont funky sans s’appuyer fortement sur l’échantillonnage comme le démontre la production de Martin Matt ou Ventre Du Dragon mais sur une ligne de basse toujours sautillante et bien présente. D’abord, as-tu écouté beaucoup de Parliament/Funkadelic pour « sampler » (en quelque sorte) cette manière de composer?

SevDee— Quand j’étais petit, je voulais illuminer le trottoir comme Michael Jackson, shout out à Kenlo. D’un bird’s eye view, j’dirais que MJ est ma plus grande influence avec The Wailers. Dans le groove et les structures, ce qui sort naturellement, c’est ce avec quoi j’ai grandi, avant même de faire de la musique. Par contre, le mot-clé est FUNK. Je ne saurais comment apprendre le Funk a quelqu’un. Je pense qu’on a du funk, ou pas. Je ne vois pas le Funk comme un genre de musique, mais bien une approche à la musique et au rythme.
Maintenant. J’apprecie la comparaison de mes Bass à Parliement/Funkadelic, Maxime Robin. J’en ai définitivement écouté plein. L’influence a en effet été majeure, mais encore plus au niveau de leur performance live. J’pourrais te dire que c’est le meilleur show que j’ai vu, mais ça causerait de la controverse. Si je me souviens bien, ils revenaient d’une grosse tournée en Asie. 23 musiciens sur stage… au maintenant défunt MEDLEY.

Max— Es-tu un admirateur de synthétiseurs analogues pour ces fameuses basses? Ou peut-être carrément de basse électrique?

SevDee—  Malgré que j’ai commencé à apprendre la Bass au cours des 2 dernières années, la plupart des beats qui sont sortis ont été faits à partir de plug-ins. J’ai fait beaucoup d’émulation, sur le Bob Marley remix par exemple, ou le synth est fait et joué pour sonner comme une live Bass, quand en fait c’est sul Qwerty bin raide. Tout dépendant du portefeuille, je suppose. Je ne me suis jamais senti très productif à apprendre les propriétés de trucs qui ne sont pas à la portée de la main, en ce qui a trait à la musique, anyway.

Max— De ce que j’ai compris de la genèse des soirées Artbeat Montréal est en quelque sorte une évolution des rassemblements privés de beatmakers du K6A. Artbeat Montréal se veut très inclusif, mais es-tu surpris de l’engouement que créent certains beatmakers qui passent par Artbeat, mais qui ne font pas partie du collectif K6A? (On pense aux membres du collectif Alaiz notamment.)

SevDee— La genèse de Artbeat serait plutôt longue à expliquer dans ces quelques lignes, je peux cependant te dire qu’il y a toujours eu un but très précis à Artbeat, qui est de réunir notre jeunesse à travers l’art, sous toutes ses formes. Sa genèse est entre ciel et terre. Ses outils ou ses instruments sont en fait les Piupiuteurs, moi inclus. So quand Artbeat a commencé, j’me suis tourné vers mon people, sachant très bien que ça se passait ici. En 13 ans, j’en ai croisé! Ce qui allait devenir le collectif Alaiz était actually présents au PREMIER Artbeat, dans le crowd. En sortant mon frère d’une autre mère Musoni vient me voir on some « yo c’est fini mon gars. on est la, next time j’amene mon SP(404). »

Max— Le studio Quai #6 est un studio d’enregistrement, mais aussi un label. Smilé, Jam, PDox et toi participe au projet. Je suis dans le vrai?

SevDee— Les Studios Quai#6, c’est en fait NOTRE studio. C’est là qu’on jamme et qu’on enregistre nos propres trucs (ainsi que Dead Obies en passant) et on ouvre nos portes principalement aux artistes émergents. 60 % du travail au Quai #6 est d’épauler l’artiste qui a peu (ou souvent « pas ») d’expérience de studio, à travers tout le processus de création. Quand ils passent au studio, on leur offre des conseils qui leur donnent premièrement un fou boost mais leur permet aussi de facilement cibler leurs forces et faiblesses. On fait donc du développement artistique, chose qui était auparavant faite par des labels (aujourd’hui c’est hopefully tes chums qui te disent si t’es bon ou pas… sinon, c’est les internets.) Ceci dit, BASSLAC Musique est une maison de production qui pour l’instant, est dédiée aux projets musicaux connexes au K6A. Nous avons déjà 4-5 projets devant nous, dont la première addition au catalogue est l’album du K6A.

Max— Penses-tu que cette volonté de toucher à toutes les étapes de production de la musique est une caractéristique indéniable du collectif K6A?

SevDee— En tant que crew, on est 22. Quand on a besoin de quoi que ce soit au niveau artistique, on n’a pas à chercher très loin. Le collectif a célébré son 10e anniversaire cette année et les liens se tissent plus que jamais entre les disciplines. C’est particulier quand même qu’il y ait des gens qui connaissent strictement le K6A pour sa musique, ou pour le Graff. Je dirais même que le côté musique a dû payer ses dues pour balancer le poids lourd qu’est le K6A dans la scène Graff. Je ne suis pas certain s’il y a un wall signé K6A en Asie (update: oui) sinon tous les autres continents sont on lock. Fou piu.

Max— Denière question; c’est le temps de faire de l’autopromotion! Du nouveau pour toi en solo ou pour le K6A bientôt? Ou peut-être même hors-K6A? Sinon pour Artbeat Montréal, qu’est-ce qui s’en vient?

SevDee— Côté K6A, je garde ça bref en disant que je commence à work sur l’album de FiligraNn, sinon tout le monde work sur un projet collaboratif ou solo en ce moment, que je leur laisserai divulguer. Côté Artbeat, la soucoupe s’était posée pour quelque temps et on s’apprête à décoller. Le point est de ne pas sursaturer le people. Histoire à suivre a quelque part sur artbeatmontreal.org.
SALUTE à K6A pis GDC. Power to the Piu Piu.

SevDee1

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