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Beatbaking avec Poirier

Depuis des années, Ghislain Poirier fait partie du paysage rythmique. D’abord avec des productions ambiantes sous son propre nom et ensuite sous forme de DJ international influencé par la musique du monde et la musique électronique. Un mot avec lui suite au lancement de son nouveau projet un peu différent, Boundary.

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Boundary - pic1 by Philippe Sawicki(recadré-plus petit))— Max: Tu as commencé avec la radio. Qu’est-ce qui t’a amené vers la musique?

Poirier: C’est à force de jouer la musique des autres à mon émission à CISM que j’ai commencé à avoir des idées. C’était mon rêve de faire de la musique. C’était un rêve que je n’osais même pas formuler, presque tabou, tellement je le croyais impossible. Un moment donné, j’ai mis la main à la pâte et j’ai fait quelques collages à partir de samples et de loops. On connaît la suite.

— Max:  DJ autour du monde, comment tout ça nourrit ta musique?

Poirier: Dès que j’ai commencé à faire de la musique, j’étais conscient que ce que je faisais pouvait prendre part à une sorte de dialogue  musical mondial. Tourner dans le monde est une chose que je voulais faire et j’y ai mis les efforts pour y arriver. Bien sûr, tout cela est inspirant, car j’ai rencontré beaucoup de bonnes personnes, de futurs collaborateurs et en même temps j’ai eu un accès privilégié à d’autres scènes. Tout cela nourrit indubitablement ma réflexion musicale.

— Max:  Est-ce que c’est un choix de refaire de la musique d’écoute (par opposition à la musique de danse plus formatée par la piste de danse)?

Poirier: Je ne voulais pas m’imposer de contraintes et c’est venu naturellement. J’imagine que c’est une sorte de retour du balancier. Ça ne veut pas dire que j’arrête de faire de la musique pour les planchers de danses, ça veut juste dire que j’avais besoin d’équilibrer un peu le tout.

— Max:  Les rythmes de Boundary sont mixés à la manière de musique de film. Sachant que c’est aussi plus ambiant comme musique, est-ce que la musique de film t’intéresse?

Poirier: C’est en faisant la musique de deux documentaires (Le Plan et Les États-Unis d’Afrique) que j’ai replongé dans mes vieilles sessions de musique ambiante. Mon ambition n’est pas de faire de la musique de film à tout prix. Je ne suis pas le musicien le plus versatile de la planète et je suis très confortable avec ça. J’ai une vision artistique assez définie et quand on me contacte pour des projets de musiques de film en sachant qui je suis et que c’est mon «son» qu’on veut, c’est sûr que cela me tente.

— Max:  Les rumeurs veulent que le format live des concerts de Boundary soit plus axé vers la performance que les DJ set de Poirier. C’est juste?

Poirier: Boundary sera partagé seulement en live. Tout ce qui est DJ demeure lié à Poirier. Boundary est une proposition différente au niveau musical, esthétique et de la performance.

— Max:  Denière question; c’est le temps de faire de l’autopromotion! Qu’est-ce qui s’en vient? Des spectacles pour Boundary?

Poirier: La première mondiale de Boundary aura lieu à Mutek le 31 mai. Deux jours plus tard, Boundary sera de la partie pour une soirée Boiler Room vs Mutek dans un lieu encore tenu secret. Début juillet, il y a aura un show à Québec et à Toronto, mais je ne peux pas dévoiler les détails pour l’instant. [Boundary sera au festival OFF de Québec le 3 juillet] Boundary n’est pas le projet d’un seul album, mais bel et bien un nouveau livre que j’ouvre et le premier album n’est que le premier chapitre. Dans un monde idéal, je ferai un autre album de Boundary en 2014 ainsi qu’un troisième album en 2015. L’inspiration est là.

Boundary - pic2 by Philippe Sawicki(plus petit)

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